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Carolle Roy

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Le design pédagogique - Conception d'un cours en ligne

La relation concepteur pédagogique/expert de contenu
        Collaboration professionnelle et relation himaine
Enquête
Analyse
        Les tâches et les responsabilités selon la MISA
        Les étapes du processus d'élaboration
        La collaboration CP/EC
        Les approches pédagogiques
Conclusion

La relation concepteur pédagogique/expert de contenu

Les tâches et les responsabilités selon la MISA

La deuxième série de questions aborde les différentes étapes d’élaboration prévues dans le processus du CUSB impliquant le concepteur pédagogique et l’expert de contenu. Ces questions visaient à observer plusieurs aspects dont : la perception de l’EC par rapport à la participation de chacun dans chaque tâche; la capacité de l’EC de suivre les étapes de la méthode (le fait de reconnaître et départager les étapes); l’opinion de l’EC face à différents aspects de cette tâche. Le tableau B offre une compilation des réponses de cette série regroupant les questions six à quinze.

Les questions de cette série comportent deux niveaux. La question A veut connaître la part que l’expert de contenu a eue ou qu’il considère avoir eue dans la réalisation de cette tâche alors que la question B tente d’obtenir des renseignements sur l’impression ou l’opinion de l’expert de contenu envers cet élément, sa réalisation et la relation qu’il a expérimentée avec le concepteur pédagogique.

Pour accéder au tableau : Cliquez ici.

Pour 6 élaborations sur 8, l’élément ÉD 110 (question 6) a été réalisé par l’EC en collaboration avec le CP. Un répondant indique que l’EC a réalisé l’élément seul. Il nous est impossible d’interpréter plus à fond ces réponses car le questionnaire ne permet pas de distinguer les CP, ce qui peut avoir eu des incidences importantes. Il est important de noter que le titre de cette question a été mal formulé. On aurait dû lire Orientation du modèle de connaissances alors que le questionnaire affichait Orientation du modèle médiatique. Toutefois, les réponses me laissent croire que les répondants se sont davantage attardés à la description de l’élément qu’au titre de la question, ce qui rend les réponses cohérentes avec le sujet abordé.

La deuxième partie de la question demandait une opinion à l’EC sur plusieurs aspects relatifs à cet ÉD. De façon générale (5/8), l’EC considère que cet élément est son entière responsabilité.

Lors d’une conception pédagogique mon rôle consiste à guider, on pourrait dire accompagner, l’expert de contenu pour la réalisation de cet élément. Mon intervention veut ici amener l’EC à faire une première identification des connaissances que devra comporter le cours de façon à répondre aux objectifs pédagogiques tels que définis par le programme. On tentera aussi de faire une liste préliminaire des matériels pédagogiques que l’EC entend utiliser pour cette conception.

Les réponses à la question 7 portant sur le graphe des connaissances (ÉD 112) et sur l’ÉD 210 (Modèle par niveau) qui sont effectués en une seule étape au CUSB, sont presque identiques à celles de la question 6.

Dans ma pratique, j’ai souvent observé que les EC éprouvent souvent beaucoup de difficulté à saisir la nature du graphe des connaissances et ont toujours tendance à le voir non comme outil d’élaboration mais en tant que représentation d’un objet concret (une page Web, un objet pédagogique, etc.). Cette difficulté fait en sorte que le schéma conceptuel est souvent confondu avec le parcours d’apprentissage. La réorientation du CP vers un plan de parcours réaliste, cohérent et efficace est parfois difficile et provoque parfois une confusion chez l’EC.

Les réponses de la question 8 nous apprennent que pour cinq élaborations sur huit, les éléments ÉD 114 (Besoin d’apprentissage) incluant l’ÉD 124 (Stratégie pédagogique par événement d’apprentissage) au CUSB, a été réalisé par l’EC en collaboration avec le CP. Un répondant considère que c’est plutôt le CP qui a réalisé l’élément en collaboration avec l’EC. Étonnamment, cet élément n’aurait pas été fait pour deux élaborations. Cette lacune est étonnante puisque cet outil, une étape importante, est en quelque sorte le prélude au graphe du réseau (et la matière permettant l’élaboration du graphe des connaissances). Encore une fois, il y a de bonnes chances pour que l’EC n’ait pas fait la relation avec une des étapes auxquelles il a participé. Toutefois, comme celui-ci (R6) a participé à deux élaborations avec le même concepteur, il serait préférable de creuser un peu plus la question puisque ce répondant affirme aussi avoir été suffisamment informé dans les deux cas. Nous observons également que ce répondant se contredit à la partie B de la question puisqu’il estime que cet élément « est l’entière responsabilité de l’EC » et « la responsabilité du CP », alors que ces deux options sont mutuellement exclusives.

Les réponses à la question 9, indiquent que dans cinq des huit élaborations, l’ÉD 120 (Orientation pédagogique du système d’apprentissage) et 220 (Règles pédagogiques de fonctionnement du SA) ont été réalisés par l’EC en collaboration avec le CP. Trois considèrent plutôt qu’il a été réalisé par le CP en collaboration avec l’EC. Encore une fois, il nous est impossible de déterminer s’il s’agit d’une différence dans le processus d’élaboration (il peut s’agir de concepteurs différents) ou d’une mauvaise compréhension de l’élément. Bien que cet élément soit toujours réalisés de la même façon dans mes conceptions, il est possible que les EC aient une perception différente. Toutefois, nous remarquons que le répondant R3, le seul ayant travaillé avec deux concepteurs différents, a eu la même perception dans les deux élaborations et considère que cet élément a été réalisé par l’EC en collaboration avec le CP.

La question 10 porte sur quatre éléments réalisés en une seule opération au CUSB. Nommée Réseau du système d’apprentissage (ÉD 122), cette étape doit, dans le cadre de mes conceptions, comporter aussi les éléments Sous-modèles associés aux unités d’apprentissage (ÉD 212), Scénario pédagogique des unités d’apprentissage (ÉD 222) et Sous-modèles associés aux instruments (ÉD 310) prévus par la MISA. Quatre répondants s’entendent pour dire que le réseau du système d’apprentissage a été réalisé par le CP en collaboration avec l’EC. Un répondant considère que c’est plutôt l’EC qui a réalisé l’élément en collaboration avec le CP dans deux élaborations. Le répondant R6 présente ici encore une ambigüité à la deuxième partie de la réponse en indiquant que l’élément a été réalisé par « l’EC en collaboration avec le CP » et par « le CP en collaboration avec l’EC ». On remarque à la deuxième partie qu’un des répondants (R4) considère que cet élément est la responsabilité du CP et que tous soulignent que la réalisation de cet élément « requiert un appui important de la part du CP ». Le réseau du système d’apprentissage, qui deviendra le scénario général, est la représentation graphique de toutes les parties du cours. Il serait nécessaire de mieux comprendre la nature de l’appui demandé par les EC pour ainsi mieux dégager la nature de la collaboration à laquelle les EC s’attendent.

Les perceptions divergentes des EC sont, à mon avis, bonnes et mauvaises (si tant est qu’une perception puisse être mauvaise) et dénote de la confusion que la complexité de ce genre de projet à tendance à provoquer. D’une part, la matière (connaissances et compétences) est évidemment déterminée par l’EC et en ce sens, l’EC est le maître d’œuvre du contenu du parcours (appelé le graphe du réseau au CUSB). Par contre, le parcours est, dans sa forme, beaucoup plus orienté par mon intervention en tant que CP puisqu’il s’agit d’une organisation du cheminement d’apprentissage des apprenants qui doit marier tant les besoins pédagogiques que les contraintes médiatiques. Pour ma part, à partir des explications des EC, je m’assure que leur visée pédagogique est bien traduite dans le parcours offert. Il est donc fréquent que le plan de parcours soit davantage mon intervention, mais il est essentiel que l’EC y retrouve sa perception de cet enseignement. Ainsi, bien que dans les faits le parcours soit réalisé en bonne partie du point de vue du concepteur pédagogique, l’EC aura une bonne perception en disant qu’il en est le maître d’œuvre. Cette perception vient en fait attester de la justesse de l’intervention que j’ai pu avoir en tant que conceptrice pédagogique.

Les réponses à la question 11, portant sur l’ÉD 130 Solution médiatique retenue, l’ÉD 132 Orientation de développement et l’ÉD 234 Description des outils de l’infrastructure, indiquent que quatre fois sur huit, le CP aurait réalisé l’élément seul et quatre fois sur huit le CP aurait réalisé l’élément avec le CP. La grande différence de ces réponses nous porte à croire que cet aspect est très peu compris et sans doute mal évalué de la part d’une bonne partie des EC. Les réponses à la partie B de la question sont par contre assez cohérentes puisque 5 considèrent que cette tâche « requiert un appui important de la part du CP » et 6 que cette tâche « requiert des connaissances techniques importantes ».

Dans le cadre de mes conceptions pédagogiques, l’EC ne prend pas part à la réalisation de cet outil qui est essentiellement technique et qui s’adresse à l’équipe de production. Évidemment, plusieurs options auront été considérées avec l’EC surtout s’il est présumé pour être le formateur du cours. Toutefois, il s’agit ici du principal niveau d’intervention du concepteur pédagogique puisqu’il s’agit du cœur de la médiatisation d’un cours.

Selon les réponses à la question 12 (ÉD 140 Contexte actuel, ÉD 142 Situation désirée et ÉD 144 Contraintes), l’analyse du contexte actuel a été réalisée par l’EC en collaboration avec le CP pour quatre élaborations et par le CP pour trois élaborations. Les premières réponses nous semblent étonnantes puisque cet élément, du moins dans le cadre de mes conceptions, n’est jamais réalisé par l’EC. Au contraire, cette analyse doit être menée avant la phase de conception puisqu’elle sert, entre autres, à orienter la structure générale de la formation. De plus, cet élément requiert la participation de différentes instances de l’établissement comme le doyen ou la directrice, le registraire, la conseillère en orientation, etc. Cette tâche consiste à produire une analyse de tous les aspects impliqués dans le projet, d’en évaluer les contraintes (de toutes natures) et de déterminer les limites tant financières que techniques. Encore une fois, les réponses me portent à croire que l’EC ne comprend pas bien la nature et la portée réelle de cet élément, surtout en ce qui concerne les EC provenant de l’extérieur de l’établissement

Toutes les réponses à la question 13 portant sur les devis des guides (ÉD 230) auraient dû être « E » (A été effectué par le CP) alors qu’un seul a coché cette réponse. En effet, il s’agit de la réalisation d’un outil essentiellement technique et qui est habituellement réalisée après la phase de conception, au moment où l’EC entreprend la rédaction. Cet outil s’adresse à l’équipe technique pour la médiatisation. Encore une fois, il est impossible de déterminer si l’écart entre la réalité et les réponses provient de la perception des répondants ou s’il s’agit d’une collaboration différente selon le CP ayant participé au projet. Toutefois, le répondant R3 indique que c’est l’EC qui a  réalisé cette tâche dans les deux projets auxquels il a participé alors que deux concepteurs différents ont été impliqués. Or, j’ai toujours réalisé cet élément seule.

À la question 14, Tableau et graphe des téléservices (ÉD 232), aucun des répondants n’a indiqué avoir été impliqué dans la réalisation de l’ED 232. Deux seulement ont reconnu ne pas savoir qui a réalisé cet outil. L’ED 232 est rarement réalisé et si c’est le cas, dans mes conceptions du moins, n’implique jamais l’EC. Par contre, les éléments qui le composent découlent forcément du scénario général. Cet outil est strictement technique et fait à l’intention de l’équipe technique, il n’est jamais, dans mes projets, transféré à l’EC. Il est permis de se demander si une partie des répondants auraient tenu pour acquis que cet outil était réalisé bien qu’ils n’en connaissent pas la nature et qu’ils n’y ont pas pris part. On peut se demander aussi si cette présomption a joué pour toutes les autres questions, ce qui nous obligerait à questionner la connaissance réelle qu’ont les EC du processus d’élaboration. Accomplir des tâches en étant guidé et accompagné par un expert ne fait pas de nous des experts en ce domaine, ni même des personnes averties. Est-ce que les EC devraient avoir une session de formation de type sensibilisation avant d’entreprendre une élaboration de cours en ligne dans le cadre d’un processus comme celui-ci?

À la deuxième partie de la question 14, seul le répondant R6 indique que cette tâche requiert la collaboration du CP et de l’EC alors qu’il avait répondu ne pas savoir si cet élément avait été réalisé. Pourtant, il avait la possibilité de répondre « n’a pas été réalisé». Nous avons ici une contradiction qui tant à démontrer la mauvaise connaissance du processus.

À la question 15, dans cinq élaborations sur huit, on indique que le plan d’un instrument (ÉD 320) et le devis des matériels pédagogique (ÉD 330) ont été réalisés par le CP. Il s’agit encore ici d’un outil essentiellement technique et qui est réalisé alors que la conception est terminée et parallèlement à la phase de rédaction. Cet outil s’adresse à l’équipe de production et est construit à partir des décisions prises lors de la conception du scénario général. L’EC n’intervient jamais dans cette tâche sauf si, à l’occasion, des précisions ou des ajustements techniques semblent nécessaires. La réponse du répondant R5 pourrait indiquer que le CP a dû le consulter alors que pour les élaborations 1 à 4, ce besoin ne s’est pas fait sentir. Par contre, encore ici, le répondant R6 nous porte à croire qu’il ne reconnaissait pas le processus puisqu’aucun EC n’a réalisé cet outil alors qu’il considère l’avoir fait pour les deux cours auxquels il a participé. Nous retrouvons d’ailleurs ici encore la même contradiction dans sa réponse puisqu’il indique que l’outil a été réalisé par l’EC et par le CP à la fois. À la deuxième partie de la question 15, les répondants expriment les mêmes perceptions que pour la question 14.

 

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